Ces dernières années, la population de chevaux d’âge augmente continuellement : entre 2010 et 2020, le nombre de chevaux de plus de 15 ans a augmenté de près de 40%, notamment grâce à l’amélioration de la qualité des soins. C’est donc assez logiquement que le nombre de chevaux atteints de maladies plus spécifiques aux chevaux séniors comme le syndrome de Cushing soit également en croissance. Nous vous proposons de faire le point sur ce syndrome et sa prise en charge.

Qu’est-ce que le syndrome de cushing chez le cheval ?

Le syndrome de Cushing, connu également sous le nom de DPIP (Dysfonction de la Pars Intermedia de la Pituitaire) ou DPIH (Dysfonction de la Pars Intermedia de l’Hypophyse) est un trouble endocrinien, c’est-à-dire qu’il est causé par un dérèglement hormonal.

Le syndrome de Cushing est notamment lié au vieillissement prématuré d’une glande du cerveau du cheval : l’hypothalamus (ou glande pituitaire). Cela explique pourquoi la maladie de Cushing touche plus particulièrement les chevaux d’âge.
Comme la maladie de cushing est liée au vieillissement d’une partie du cerveau, elle se développe généralement de façon progressive et il peut se passer plusieurs mois voire années avant que des signes cliniques apparaissent. C’est pourquoi, et nous en reparlerons, le suivi vétérinaire et le dépistage sont importants.

Prévalence du syndrome de Cushing
La prévalence du Cushing est d’environ 21% des chevaux de plus de 15 ans et près de 40% des chevaux de plus de 30 ans seraient atteints. Même si les chevaux âgés sont les plus touchés, il arrive que des individus plus jeunes développent la maladie.
Il n’y a pas de prédisposition connue chez une race en particulier pour le syndrome de Cushing. On estime parfois que les poneys sont plus sujets au Cushing mais cela s’explique par le fait qu’ils vivent souvent plus vieux et donc qu’ils représentent une part plus importante de la population de vieux chevaux. En plus de cela, le sexe n’est pas non plus un facteur de prédisposition pour la maladie de Cushing car les juments, hongres et étalons sont atteints dans les mêmes proportions.

Les causes du syndrome de Cushing chez le cheval

Avant de parler des causes du syndrome de Cushing chez le cheval, il faut comprendre quel « système » se retrouve affecté.

L’axe hypothalamo-hypophysaire chez le cheval
Lorsqu’on parle de l’axe hypothalamo-hypophysaire chez le cheval, cela comprend notamment deux glandes : l’hypothalamus et l’hypophyse. Ces deux glandes sont dites endocriniennes car elles produisent des hormones qui ont différentes fonctions dans l’organisme.
Parmi les différentes hormones produites, l’hypothalamus est à l’origine de la sécrétion de la dopamine. Cette hormone va notamment jouer un rôle d’inhibition dans la production d’hormones au niveau de l’hypophyse et tout particulièrement de l’ACTH (Adreno CorticoTropic Hormone / Hormone Adrenocorticotrope).
L’ACTH a pour rôle principal la stimulation des glandes surrénales à l’origine de la production du cortisol, ou hormone « du stress ». Ce dernier joue va alors réguler les glucides, lipides et protéines ainsi que l’immunité et le rythme circadien (notamment les rythmes du sommeil et de l’alimentation)

Le dérèglement hormonal dans le cas du syndrome de Cushing
Dans le cas du syndrome de Cushing, l’hypothalamus qui a « vieilli » ne produit plus suffisamment de dopamine. Cette dernière n’a plus une action suffisamment efficace sur l’hypophyse qui va être perturbé et notamment voir sa taille augmenter. L’une des parties de l’hypophyse, la pars intermédia, va se retrouver en activité plus intense ce qui va résulter en une surproduction d’hormone et notamment d’ACTH.
C’est la surproduction d’ACTH qui va être à l’origine de tous les symptômes du syndrome de Cushing notamment car elle va mettre l’organisme complet du cheval dans une situation de « stress » ce qui va conduire à des baisses d’immunité ou encore des mobilisations anormales des réserves de sucres et de lipides ou encore une destruction accrue de certaines protéines.

Les symptômes du syndrome de Cushing chez le cheval

L’une des particularités du syndrome de Cushing est qu’il existe de très nombreux symptômes dont la fréquence d’apparition dépend d’un cheval à l’autre mais également de l’avancé de la maladie. En effet, certains symptômes n’apparaitront que tard. En plus de cela, dans le cas de la maladie de Cushing, les symptômes initiaux ne sont pas très spécifiques : baisse de forme, amaigrissement…

Plus le syndrome de Cushing sera détecté de façon précoce et plus sa prise en charge sera efficace. C’est pourquoi nous vous proposons de faire le point sur les principaux symptômes qui peuvent vous alerter. Si votre cheval à plus de 15 ans et présente certains de ces symptômes, n’attendez pas pour prendre rendez-vous avec votre vétérinaire afin qu’il procède à un dépistage du Cushing.
Commençons par les symptômes les plus « classiques » et fréquents dans le cas du syndrome de Cushing :

  • 70 % des cas : Hirsutisme ; le cheval présente des défauts au moment de la mue avec des poils souvent très longs et frisés qui ne tombent pas bien. Globalement, le cheval à un aspect hirsute
  • 49 % des cas : Fourbure ; le syndrome de Cushing est l’une des causes majeures de fourbure. Elle se déclenche à cause des dérèglements hormonaux et principalement ceux de l’insuline.
  • 49% des cas : Amyotrophie ; le cheval a une importante fonte de la masse musculaire avec un dos qui se creuse de façon importante et un amaigrissement global. En plus de cela, des dépôts graisseux sur certaines zones, ou encore en ventre « penduleux » changent la silhouette du cheval atteint de Cushing. Le cheval fait alors plus vieux que son âge
  • 41% des cas : Léthargie/dépression ; le cheval n’est pas en forme, à un comportement « dépressif »
  • 32% des cas : PUPD (Polyurie Polydipsie) ; le cheval augmente de façon significative la quantité d’eau bue ainsi la quantité d’urine produite. Elle peut également s’accompagner d’une sudation excessive du cheval
  • 21% des cas : Signes neurologiques ; cela peut se présenter sous différentes formes, des difficultés à se déplacer, de l’ataxie (troubles de l’équilibre) ou encore de la narcolepsie (cheval qui s’endort d’un coup) …

En plus de cela, nous l’avons dit, le syndrome de Cushing entraine une baisse globale de l’immunité chez le cheval atteint. Cette baisse peut alors s’accompagner de nombreux symptômes comme des infections cutanées (dermatophilose, teigne …), des abcès de pied , des infections pulmonaires, une moins bonne cicatrisation… Le cheval est globalement plus sensible à tout pathogène qui pourrait se trouver dans son environnement
Pour les chevaux à l’élevage, le syndrome de Cushing peut se traduire pas une baisse de la fertilité.
L’intensité de ces différents symptômes va bien sur être liée à l’avancé de la maladie. En plus de cela, certains symptômes du syndrome de Cushing peuvent facilement être confondus avec des signes du vieillissement « normal » du cheval. Encore une fois, si vous observez des signes anormaux sur votre cheval, surtout si celui-ci à plus de 15 ans, prenez rapidement contact avec votre vétérinaire pour faire un dépistage.

Le diagnostic du syndrome de Cushing

Nous l’avons déjà abordé dans cet article, le syndrome de Cushing est une pathologie qui se développe progressivement ce qui rend compliqué le diagnostic précoce. Cependant, comme la prise en charge de la maladie permet d’offrir la meilleure qualité de vie possible au cheval atteint de Cushing, nous vous conseillons de ne pas négliger le suivi vétérinaire de votre cheval « âgé ».

Le diagnostic du syndrome de Cushing se fait généralement en plusieurs étapes.
Tout d’abord, le vétérinaire peut détecter des signes caractéristiques de la maladie de Cushing (hirsutisme, fourbure…). Afin de confirmer son diagnostic, le vétérinaire peut faire une prise de sang afin de doser l’ACTH, car chez les chevaux atteint de la maladie de Cushing, la quantité d’ACTH présente dans le sang est plus élevée.
En fonction du résultat de la prise de sang, ainsi que de la présence ou non de certains symptômes, le vétérinaire va pouvoir poser un diagnostic ou devoir compléter celui-ci. En effet, le taux d’ACTH présent dans le sang varie selon la période de la journée mais également selon la période de l’année. C’est pourquoi il arrive que votre vétérinaire après une première prise de sang vous indique que vous êtes dans la « zone grise » et qu’il faut refaire des tests.
Les deux tests complémentaires sont généralement le test de suppression à la dexaméthasone ou le test de stimulation à la TRH (thyrotropin-releasing hormone). Ils permettent de comparer les taux d’ACTH avant et après l’injection de l’une de ces deux molécules.
Le vétérinaire posera ensuite son diagnostic en fonction des symptômes et des différents résultats aux tests et proposera alors un traitement en fonction des besoins du cheval.

Le traitement du syndrome de Cushing chez le cheval

Le traitement du syndrome de Cushing va être adapté à votre cheval et à ses symptômes, d’où l’importance d’un bon suivi vétérinaire.

Tout d’abord, votre vétérinaire proposera un traitement du syndrome de Cushing en lui-même. Aujourd’hui il n’existe qu’un seul traitement de référence : le pergolide. Le pergolide est une substance qui va « remplacer » la dopamine, qui n’est plus produite par l’hypothalamus, et va alors inhiber l’hypophyse afin de rétablir un fonctionnement normal et notamment en diminuant la quantité d’ACTH produite.

Comme il n’est pas possible de guérir du trouble endocrinien initial, le pergolide est un traitement qui va se donner tous les jours et pour le reste de la vie du cheval. Le suivi vétérinaire va être essentiel car il va permettre d’ajuster la dose pour le cheval, notamment en effectuant régulièrement des dosages de l’ACTH dans le sang mais également en regardant les différents symptômes du cheval et leur évolution.
Il faut savoir qu’au tout début du traitement, certains effets secondaires peuvent apparaitre comme une perte d’appétit, il faut alors en avertir le vétérinaire pour adapter le traitement au cheval. Plus le traitement sera adapté au cas du cheval, et meilleure sera la réponse. D’où l’importance de trouver avec votre vétérinaire le dosage le plus précis possible, qui convienne le mieux à votre cheval.
Le traitement avec du pergolide est un traitement efficace du syndrome de Cushing et les différentes études ont montré que 100% des chevaux ont eu une diminution de l’ACTH avec ce traitement. En plus de cela, ce traitement est très efficace sur de nombreux symptômes notamment la léthargie, la PUPD ou encore l’hirsutisme. Des effets sont aussi constatés sur la fourbure et la baisse d’immunité mais sont un peu plus lent à arriver. Chez les chevaux sujets à de la fonte musculaire et un amaigrissement, ces symptômes peuvent persister car ils sont également liés au vieillissement du cheval.


En parallèle du traitement avec le pergolide, il va également être important de prendre en charge l’environnement global du cheval. L’association du traitement médicamenteux et de l’environnement seront les facteurs clé pour offrir une qualité de vie optimale pour le cheval souffrant du syndrome de Cushing.
Comme le cheval avec la maladie de Cushing à tendance à avoir une immunité un peu plus faible, essayez au maximum de prévenir les risques d’infections. Ainsi, planifiez avec votre vétérinaire le protocole de vermifugation/coproscopie afin d’éviter au maximum l’infestation par des parasites digestifs (vers…). Assurez vous également de respecter le protocole de vaccination pour votre cheval pour le protéger au mieux voire de l’adapter en cas de besoin.
Dans le même objectif, un suivi régulier au niveau des pieds et des dents va permettre d’éviter toute infection dans ces zones.
Chez les chevaux qui souffrent d’hirsutisme, il peut être envisagé lors de la période estivale de les tondre pour leur confort en cas de chaleur. La tonte permettra également d’éviter un environnement « humide » entre la peau et les poils, qui pourrait être le lieu de multiplication de pathogènes responsables d’infections cutanées.
Enfin les chevaux présentant un syndrome de Cushing étant fortement sujets à la fourbure, n’hésitez pas à mettre en place toutes les mesures permettant de limiter les risques. :

  • Restreindre l'accès à l’herbe aux périodes à risques (printemps et automne) et bien organiser la mise à l’herbe si besoin
  • Favoriser une alimentation riche en fourrage pauvre (foin) et éviter au maximum l’apport d’aliment concentré surtout s’ils sont riches en amidon.
  • Surveillez le poids du cheval, le surpoids peut être un facteur aggravant en cas de fourbure

Enfin, pour une prise en charge encore plus adaptée à votre cheval, vous pouvez envisager d’utiliser des compléments alimentaires.
Par exemple, lors des périodes plus à risque comme les changements de saison, vous pouvez faire une cure afin de renforcer l’immunité de votre cheval. Un complément comme Immuno RS va apporter des ingrédients permettant un soutien immunitaire et une protection globale.
Dans le cas de chevaux ayant eu un fort amaigrissement et une fonte musculaire importante, un complément comme le Myostem Mass va permettre de limiter cette fonte musculaire mais aussi d’optimiser la production de protéines et de muscles.
Dans le cas où la locomotion est impactée, vous pouvez envisager d’utiliser Harpagyl, à base d’harpagophytum qui va permettre de limiter au maximum les raideurs. Il pourra être associé à Hoof Biotine dans le cas où ces raideurs concernent d’autant plus les pieds.
N’hésitez pas à en parler avec votre vétérinaire qui pourra vous proposer le ou les compléments les plus adapté à votre cheval.


Vous l’aurez compris, le syndrome de Cushing est donc une atteinte assez fréquente chez les chevaux qui prennent de l’âge et qui nécessite un diagnostic précoce et une prise en charge par votre vétérinaire. Avec une gestion médicamenteuse et environnementale adaptées, c’est une pathologie qui permet à votre cheval de retrouver une vie normale voire même de continuer à travailler en fonction de son âge.
Nous en avons terminé sur le syndrome de Cushing, si vous avez des questions, parlez-en à votre vétérinaire ou retrouvez-nous sur nos réseaux sociaux

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