Popular Articles
- Le syndrome de Cushing chez le cheval 19 janv., 2024
- Mon cheval boite, que faire ? 16 oct., 2023
- La tendinite du cheval 17 oct., 2023
Blog Search
Ces dernières années, vous avez peut-être déjà entendu parler d’épidémie de grippe équine. Nous vous proposons de faire le point sur la grippe chez le cheval, une maladie respiratoire liée à un virus et très contagieuse.
La grippe équine est une pathologie respiratoire virale extrêmement contagieuse qui peut toucher tous les équidés : chevaux, ânes, mulets…
L’agent responsable de la grippe équine est un virus influenza de type A. Il s’agit du même type de virus que celui de la grippe chez l’homme, mais la différence se fait au niveau du sous-type. Chez le cheval, les deux sous-types responsables de la grippe équine sont : H7N7 et H3N8. Même si le virus de la grippe équine est proche de la grippe humaine, aucun cas de transmission entre le cheval et l’Homme n’a jamais été observé.
Lorsqu’un cheval est contaminé par la grippe équine, le virus de la grippe va se multiplier au niveau des cellules épithéliales de l’appareil respiratoire du cheval. Cela entraine la destruction de la muqueuse à l’origine des signes respiratoires de la grippe équine. En plus de cela, cela rend les voies respiratoires du cheval plus sensibles à des infections secondaires qui peuvent amplifier l’inflammation et compliquer la guérison.
La grippe équine est sans doute la maladie la plus contagieuse chez le cheval. En quelques heures, elle peut toucher une écurie complète.
Le virus est transmis par les voies respiratoires et les contaminations peuvent se faire de deux façons :
Transmission directe : lorsqu’un cheval malade/contaminé tousse ou éternue il excrète une importante quantité de virus qui peut atteindre directement un cheval sain.
Transmission indirecte : même si le virus n’est pas très résistant une fois qu’il se retrouve à l’extérieur (quelques jours), la contamination peut se faire si une personne soigne des chevaux malades/contaminés et sains avec les mêmes affaires ou le même matériel. Cette contamination indirecte est aussi possible si un cheval sain se retrouve à un endroit précédemment occupé par un cheval malade (box, transport…).
Il est important de noter que des chevaux infectés qui n’ont que peu ou pas de signes cliniques (porteurs sains) peuvent transmettre le virus autant que des chevaux très symptomatiques.
Dans le cas de la grippe équine, on considère que l’incubation, soit le temps entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes, est de 2 à 5 jours.
Parmi les symptômes caractéristiques de la grippe chez le cheval, on en retrouve 3 grands types :
Symptômes généraux :
Symptômes respiratoires :
Autres symptômes (moins fréquents) :
Comme dans de nombreuses pathologies, les signes cliniques vont varier d’un cheval à l’autre en fonction de sa sensibilité, de son âge mais aussi de son statut vaccinal. Encore une fois, même les chevaux ne présentant que peu de symptômes peuvent contaminer d’autres chevaux et leur environnement.
En plus des symptômes liés à la grippe équine, le cheval peut présenter d’autres signes cliniques pouvant être liés à des surinfections. En effet, chez les chevaux atteint de la grippe, les voies respiratoires sont plus vulnérables à des bactéries opportunistes qui peuvent conduire à des infections secondaires qui compliquerons le traitement et la guérison du cheval.
Si la grippe équine est rarement mortelle chez le cheval adulte, les chevaux plus fragiles (poulains, chevaux âgés…) peuvent mourir à la suite d’infections secondaires (bronchites, pneumonies…)
L’un des risques de la grippe est qu’après guérison de la phase aigüe, le cheval conserve des séquelles. Le plus souvent il pourra s’agir de séquelles au niveau respiratoire avec une fragilité pulmonaire comme de l’emphysème, par exemple.
La combinaison des symptômes et de la contamination rapide de la maladie dans une écurie, va souvent orienter le diagnostic du vétérinaire sur la grippe équine. Comme les symptômes peuvent s’apparenter à ceux d’autres pathologies comme la rhinopneumonie, la gourme ou une infection bactérienne, il est important d’affiner le diagnostic.
Pour de confirmer son diagnostic, le vétérinaire va avoir la possibilité de faire deux types d’analyses :
Un test PCR qui permet de rechercher directement la présence du virus. Il s’agit d’un prélèvement naso-pharyngé : un très long écouvillon est introduit par un des naseaux pour venir prélever des cellules au niveau du pharynx.
Une prise de sang qui permet de mettre en évidence des anti-corps. Cette méthode est plus difficile à interpréter car chez les chevaux vaccinés il est difficile de différencier les anticorps liés au vaccin et à l’infection. Il faut souvent réaliser deux prises de sang, pour voir si le taux d’anticorps augmente, ce qui allonge le temps de diagnostic.
Comme la grippe équine est une maladie virale, il n’existe pas de traitement spécifique. Chez le cheval atteint, le vétérinaire va éventuellement prescrire un traitement pour les symptômes si besoin. Par exemple, chez les chevaux présentant une forte fièvre, un anti-inflammatoire non stéroïdien peut être prescrit.
En plus de cela, comme la grippe équine entraine des lésions sur l’appareil respiratoire, il est important que le cheval soit mis au repos, pendant au moins 3 semaines après la fin des symptômes pour aider à la cicatrisation de son appareil respiratoire et éviter les séquelles. Préférez un endroit bien aéré à l’abri des courants d’air, et une alimentation la plus pauvre en poussière possible (mouiller le foin si nécessaire).
Comme pour toutes les maladies contagieuses, il est important d’isoler les chevaux atteints des chevaux sains pour éviter que la maladie se propage. Il est aussi important de mettre en place un circuit de soin : il faut commencer par soigner les chevaux sains, puis les chevaux en « cas contact » et enfin terminer par les chevaux malades ».
Enfin, dans le cas ou un cheval présente une surinfection bactérienne, le vétérinaire pourra prescrire l’utilisation d’un antibiotique.
L’une des meilleures façons de prévenir la grippe équine est la vaccination. Aujourd’hui, la vaccination est fortement recommandée car elle permet à la fois de limiter l’excrétion de virus dans le cas d’une contamination, ce qui permet de diminuer la diffusion de la maladie. En plus de cela, le vaccin permet de réduire la gravité des symptômes.
Les recommandations sont de vacciner les poulains dès l’âge de 6 mois, d’autant plus qu’ils sont plus sensibles à la grippe équine. Une fois la primo vaccination effectuée (3 injections), les rappels se font de façon annuelle. La durée conseillée entre deux rappels est de 6 mois pour certains cas particuliers :
Concernant le protocole de vaccination, votre vétérinaire sera le plus apte à vous proposer un protocole adapté à votre cheval.
Dans les structures avec des mouvements de chevaux, idéalement, il faudrait isoler les nouveaux chevaux pendant plusieurs jours afin de limiter le risque de contamination.
A noter également que le virus de la grippe équine est facilement détruit par les désinfectants courants. Un nettoyage régulier et complet des installations est une mesure sanitaire assez efficace pour limiter les contaminations.
Nous espérons vous avoir aidé à mieux comprendre la grippe équine. Si vous avez des doutes concernant votre cheval, prenez rapidement contact avec votre vétérinaire. Dans le cas d’un épisode « national » suivez les recommandations du RESPE et de votre vétérinaire pour limiter la propagation de cette épidémie.
Si vous avez des questions, n’hésitez pas à nous envoyer un message sur nos réseaux sociaux.
Start typing to see products you are looking for.